samedi 21 mai 2016

Les arcanes du chaos (Le Cycle de l'homme, tome 1)- Maxime Chattam

Auteur: Maxime Chattam
Editions: Pocket
Collection: Thriller
Date de Parution: mai 2008
N° Pages: 550
Lu en: Français

Célibataire parisienne sans histoires, Yael est loin de se douter qu'il existe des secrets qui mettent en danger ceux qui les découvrent. Le jour où des ombres apparaissent dans ses miroirs pour lui parler codes secrets et sectes millénaires, elle se croit folle ou possédée. 
Projetée dans un jeu de piste infernal, pourchassée par des tueurs, Yael se retrouve au coeur d'une lutte ancestrale. Des catacombes de Paris aux gorges hantées de Savoie, jusqu'au New York des milliardaires, la vérité ne doit pas survivre. 
Qui n'a jamais rêvé de tout savoir sur l'assassinat de JFK? Sur le 11 septembre? Et si l'histoire n'était que manipulation? Quand le diable s'en mêle, la terreur ne fait que commencer...


Mon avis


J'avais envie de lire du Maxime Chattam depuis un bon moment. Avec sa saga fantastique Autre Monde et les critiques dithyrambiques que j'avais pu entendre, j'avais vraiment hâte de découvrir l'univers de cet auteur. Alors, autant commencer par le commencement et lire un de ses premiers romans, me suis-je dit.

Les arcanes du chaos est un vrai thriller à l'américaine, plein de suspens, de rebondissements et de retournements de situation comme je les aime, à la différence près que la majorité du récit prend place en France. J'ai apprécié ce choix qui change un peu du typique roman noir américain. Néanmoins, ce qui m'a un peu dérangé était justement ce mélange entre une localisation et des héros français, et une trame principalement basée sur la théorie du complot, des attentats du 11 septembre, etc... ayant tous eu lieu... aux Etats-Unis. Cette combinaison des deux pays aurait pu être un savant mélange, mais m'a au contraire plutôt embrouillée pendant ma lecture.

Du côté des personnages, Yael, une jeune femme assez banale, et Thomas, un journaliste l'aidant dans sa quête de vérité, m'ont assez plu. Les deux forment un duo efficace, se soutiennent dans les moments durs, et j'ai apprécié que leur relation évolue pas à pas, au fil des épreuves qu'ils traversent et surmontent ensemble. D'ailleurs, même si je m'y attendais un petit peu, j'ai apprécié le choix de Chattam quant à un retournement de situation plutôt détonnant... À vous de le découvrir! ;)

Si par son suspens haletant et son duo efficace, j'ai passé un agréable moment en compagnie des Arcanes du chaos, il manque à mon sens un petit quelque chose pour faire de ce roman une aventure encore plus intéressante. Le style de l'auteur, bien que facile à lire, était un peu répétitif, ce que j'ai parfois regretté, notamment dans les temps morts entre deux actions. 

Si vous voulez en savoir plus sur la théorie du complot, sur des mystérieuses sociétés secrètes qui agiraient dans l'ombre, ce roman pourrait bien vous plaire. La partie documentée sur le 11 septembre & cie était selon moi très instructive, alors... lancez-vous!

vendredi 20 mai 2016

Mademoiselle Liberté - Alexandre Jardin


Auteur: Alexandre Jardin
Editions: Gallimard
Collection: Folio
Date de Parution: mai 2003
N° Pages: 241
Lu en: Français

Liberté a dix-huit ans. Elle refuse ce que la plupart des hommes tolèrent: un amour imparfait, sans folie. Horace, le proviseur de son lycée, sait lui aussi vivre la vie: ce furieux ne se repose que dans l'excès. Marié à une épouse professionnelle, il rêve de foncer dans un destin superlatif.


Liberté décide de chercher avec lui la perfection: elle ne se contentera pas d'un brouillon de liaison, elle exigera la passion intégrale, portée à son comble, fignolée jusqu'au délire.  

Ces deux forcenés tenteront un amour idéal. Ils désirent un chef-d'œuvre sinon rien.

Mon avis

 

Ce livre m'a laissée bouche bée. La recherche d'un amour parfait sinon rien, une héroïne d'à peine dix-huit ans aux rêves plein la tête, le style de l'auteur... Tout était réuni pour me faire adorer ce roman d'Alexandre Jardin.

Alors certes, je pourrais être tatillonne sur certains points: les redites ne manquent pas, et même si elles se veulent figures de répétition pour accompagner le thème principal du roman - un amour digne d'un chef-d'œuvre, sinon rien -, elles alourdissent à mon sens passablement le texte. Pourtant, l'aura dégagée par Liberté, sa recherche d'amour inconditionnel et son refus d'une histoire routinière balaient tout ce qui pourrait faire défaut à ce roman.

Comment ne pas tomber amoureux de Liberté dès sa première apparition? Malgré son jeune âge, cette jeune fille sait déjà - ou croit savoir - quel amour elle recherche. Pas de limite ni de routine, elle ne laissera place qu'à une passion infinie. Plutôt mourir que d'accepter un amour imparfait.

"Et si je devais vous quitter? - Je mourrais."

Horace, l'homme sur lequel Liberté a jeté son dévolu, m'a passablement agacé, contrairement à notre héroïne. Cloîtré dans un mariage routinier, son manque de courage à quitter sa femme pour laquelle il n'éprouve plus grand-chose m'a atterré tout au long du récit. Quitter sa vie de famille, tout abandonner pour partir vivre un amour passionnel peut effrayer, je le comprends. Mais le contraste entre Liberté se donnant corps et âme pour l'homme qu'elle aime, et Horace restant engoncé dans ses petites habitudes, m'a paru profondément injuste pour notre héroïne. En même temps, comment Liberté ne pourrait-elle pas être déçue par l'amour? Les romans d'amour ayant forgé son adolescence, Liberté ne conçoit pas qu'un homme puisse l'aimer de manière imparfaite. Comment, alors, trouver satisfaction dans son histoire d'amour avec Horace? Accepter un compromis ne serait-il pas la seule solution? Mais Liberté en est-elle seulement capable...?

Mademoiselle Liberté a su me surprendre. Car si j'avais en tête un dénouement bien précis, l'auteur a pris un revirement auquel je ne m'attendais absolument pas en terminant le roman. Les personnages évoluent contre toute attente, mais je ne vous en dis pas plus...

Une perle de lecture qui m'a complètement embarquée dans une course à l'amour sans concessions...

jeudi 19 mai 2016

Koridwen - Yves Grévet



Auteur: Yves Grévet
Editions: Syros / Nathan
Collection: -
Date de Parution: 27 août 2015
N° Pages: 360
Lu en: Français

"Je m'appelle Koridwen. Je suis la dernière survivante du hameau de Menesguen. J'ai décidé de me rendre à Paris. 541 kilomètres en tracteur, c'est de la folie, mais toute seule ici je suis trop vulnérable. Ma grand-mère m'a toujours dit que j'aurais un destin exceptionnel. C'est le moment de le vérifier."

U4 - Koridwen, Jules, Stéphane, Yannis ont entre 15 et 18 ans. Ils ont survécu au virus U4, qui a décimé 90% de la population mondiale. Ils ne se connaissent pas, mais ils se rendent pourtant au même rendez-vous.

Mon avis:

Ce livre, sa couverture et son synopsis ont tout de suite su attirer mon attention dans les rayons de la rentrée littéraire 2015. Un scénario de dystopie assez typique certes, mais le nom breton de l'héroïne et son périple en tracteur à travers la France ont été largement suffisants pour me convaincre d'attaquer ma lecture. Et je ne regrette absolument pas!

Koridwen est une jeune bretonne, fille de fermiers et dernière survivante de son village. Après qu'une terrible grippe a décimé 90% de la population, elle décide de s'embarquer dans un voyage dangereux jusqu'à la capitale française, accompagnée de son cousin un peu simplet mais pourtant touchant.

J'ai trouvé le style d'Yves Grevet très agréable. Koridwen étant un roman jeunesse, les pages défilent à toute vitesse, et l'aventure se déroule à un tempo idéal. L'auteur sait nous mettre dans la peau de son héroïne, il réussit à faire battre notre cœur au rythme des rencontres de la jeune fille et de ses aventures. Son instinct de survie, encore plus son attachement à son cousin qu'elle protège férocement ont également su m'émouvoir.

Mais les atouts du roman ne s'arrêtent pas là. Comme l'annonce la quatrième de couverture, Koridwen fait partie d'un quatuor de livres autour du même synopsis: une grippe meurtrière ayant ravagé l'humanité, et quatre adolescents ayant le même point de rendez-vous. À chaque roman son héros, lequel rencontrera les trois autres au cours de ses aventures. Si l'idée me paraît bluffante, la capacité des auteurs à emboîter leurs histoires pour qu'elles correspondent et que leurs personnages tiennent la route dans les quatre romans a fini de me convaincre. Une histoire au suspens haletant, aux personnages touchants, et à l'univers dystopique prenant ancrage en France: des points positifs à n'en plus finir pour Koridwen!

vendredi 2 octobre 2015

Book Haul - Septembre 2015

Coucou à tous!

On se retrouve aujourd'hui pour parler acquisitions livresques: que ce soit en matière d'achats, de cadeaux ou de partenariats (une première pour moi, trop happy!!!), ce mois de septembre a été (trop?) riche en nouveaux venus sur mes étagères. J'ai un peu craqué niveau achats je l'avoue, mais avec la rentrée il faut bien se faire plaisir non? (Ouuh la bonne excuse!) Enfin bref, trève de justifications, je vous présente sans plus tarder mes nouvelles acquisitions du mois:








Un mois qui remplit sa promesse niveau remplissage de bibliothèque, pour sûr! 


Et vous, quels romans ont rejoint vos rayons ce mois-ci?

Bilan du mois - Septembre 2015

Hello les bouquineurs!

Septembre, ou le mois de la transition; l'été et son ambiance de vacances commencent gentiment à se faire oublier au profit du stress et de la préparation pour la rentrée. On s'affaire afin d'être fin prêt d'ici la reprise des cours, tout en profitant encore au maximum des quelques jours de liberté qu'il nous reste. Personnellement, avec ma rentrée en première année de Lettres à l'uni, je ne pensais pas que j'aurais la tête à lire... Et pourtant! Ce mois fut riche en lectures (bon j'avoue, dont 2 BD et une pièce de théâtre courte :P): certaines très drôles (vive Titeuf!), d'autres aux parfums exotiques; bref, de très belles découvertes en général, qui se sont même soldées par un coup de cœur! On récapitule tout ça ensemble, c'est parti:



Bilan du mois de septembre 2015








 Pour les chroniques, c'est par ici:



Bonne rentrée à vous chers lecteurs étudiants, bonne reprise du travail pour les autres, et puis pour les rares chanceux qui seraient peut-être toujours en vacances qui sait, profitez!
A tout bientôt pour un prochain bilan :)



- Lorraine :)

mardi 29 septembre 2015

Fils du shéol - Anouar Benmalek

Auteur: Anouar Benmalek
Editions: Calmann-Lévy
Collection: -
Date de Parution: 2015
N° Pages: 409
Lu en: Français

Trois histoires d'amour pour remonter à l'origine du mal...
Trois générations, deux génocides.

Tout commence dans la touffeur ignoble d'un wagon à bestiaux. Le jeune Karl y fait la connaissance d'Helena, son bref et unique amour le temps du voyage. À son arrivée en Pologne, le gamin juif est gazé. Dès lors, depuis un étrange séjour des morts, le Shéol, il est condamné à regarder évoluer les siens et à tenter d'éviter désespérément la catastrophe.
Ainsi retrouve-t-il son père, devenu Sonderkommando. Dans la noirceur de sa condition, ce dernier rêve à sa lumineuse Elisa, la mère de Karl, rencontrée et épousée en Algérie des années auparavant. Poursuivant son effroyable voyage à rebours, Karl croise Ludwig, son grand-père, qui au début du siècle a servi dans l'armée allemande du Sud-Ouest africain. Et le secret que l'aïeul n'a jamais pu raconter de son vivant - sans doute la clé de leur destinée à tous -, son petit-fils finit par l'apprendre depuis sa nouvelle demeure: celui de l'existence d'Hitjiverwe, une jeune femme héréro passionnément aimée, victime avec son peuple d'une barbarie oubliée, terrible avertissement aux générations futures.

Mon avis

Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions Calmann-Lévy pour ce roman, sans lesquelles je n'aurai pas pu rédiger la chronique qui suit. Je suis très touchée d'avoir pu recevoir Fils du shéol, qui, soit dit en passant, n'est ni plus ni moins que la première oeuvre qui m'a été gracieusement envoyée en échange d'une chronique. Un moment que je n'oublierai pas de sitôt!

Mais intéressons-nous à présent à ce roman. Je dois dire que la quatrième de couverture m'avait "vendu du rêve", et j'avais hâte de découvrir ces trois histoires d'amour à travers les générations et l'Histoire du début au milieu du XXème siècle.
Malheureusement, je ne ressors pas totalement convaincue de ce livre qui m'a laissée plutôt mitigée. 

D'un côté, la trame en elle-même ainsi que les thèmes abordés par l'auteur ne m'ont pas laissée de marbre, bien au contraire: cette histoire d'amour entre un juif allemand et une femme noire (discriminée au même titre que les juifs le seraient dans quelques décennies à venir...) m'a beaucoup touchée. Ludwig, le grand-père de notre "héros" Karl, est juif. Il ne le sait pas encore, mais la Seconde Guerre mondiale viendra décimer tous les membres de sa famille. Pourtant, lorsqu'on le découvre dans les années 20 en Afrique de l'Ouest, il n'hésite pas à discriminer la population indigène, considérée à l'époque comme une "sous-race". Ce qui ne l'empêche pas de tomber follement amoureux d'Hitjiverwe, une femme noire qui lui fait tourner la tête. Un roman qui met donc en scène deux types de haine raciale, une contre les juifs, l'autre contre les noirs, et qui fait réfléchir.
La perpétuelle confrontation entre l'amour (maternel, passionnel, amical) et la haine (antisémitisme, délation et peur d'être trahi) est un autre aspect très intéressant du roman, car tout au long de la lecture on se demande lequel des deux triomphera (même si l'on connaît tous le sort réservé aux prisonniers des camps de concentration). L'espoir fait vivre comme on dit, et malgré le fait que Karl soit mort, on prie pour que sa famille et lui trouvent malgré tout un moyen d'échapper à leur sordide destin.

Malheureusement, Fils du Shéol m'a laissée dubitative sur de nombreux autres points. D'abord à cause du style de l'auteur, qui, avec son usage constant des <<guillemets>> a un peu fini par m'agacer. Ensuite parce que la crudité de certains passages, notamment celle utilisée lors de la description des camps, a fini par "m'étouffer" dans ma lecture... Bien que la situation vécue par Karl et son père est horrible, je trouve que la violence et le caractère sexuel des mots était parfois utilisé à outrance.
Au niveau de la séparation du récit, j'ai été un peu désorientée au début du récit. On ne suit pas très bien ce qui se passe, les chapitres sont parfois très longs, parfois très courts, ce qui m'a un peu dérangé (bon d'accord, je suis peut-être un peu pointilleuse). 
Bien que Karl soit présenté comme le héros de l'histoire, j'ai eu du mal à m'attacher à lui; on n'arrive pas très bien à le cerner, et puis je l'ai trouvé un peu "trop" mature pour son âge (en voyant une jeune fille dans le train, il ne pense qu'à se toucher le *hum*... un peu de romantisme et d'innocence, par pitié! Ce n'est qu'un enfant!

Bref, vous l'aurez compris, Fils du Shéol n'a pas su conquérir mon coeur, malgré les thématiques fortes et - à mon sens - très importantes qu'il aborde. Néanmoins, je vous invite à le découvrir et à vous forger un avis par vous-même. Qui sait, Karl et le destin de sa famille sauront peut-être vous toucher. En tout cas, je l'espère!

- Bonne lecture à tous! Comme toujours, n'hésitez pas à partager votre ressenti dans les commentaires :) -
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